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Faire illustrer un souvenir de famille : brief et droits

Brief, fichiers et droits d'usage pour faire illustrer un souvenir de famille : ce qu'il faut écrire, demander et signer avant de payer.

Faire illustrer un souvenir de famille : brief et droits
Une image de travail liée au sujet de cette note.

Pour faire illustrer un souvenir de famille, écris un brief d'une page : la scène, les personnes, le format final et la date. Demande ensuite les fichiers sources (calques, PSD ou équivalent) et fais préciser par écrit les droits d'usage avant de payer. Le prix se compte en jours de travail, pas en nombre de visages.

Comment briefer un illustrateur pour un souvenir de famille ?

Un brief utile tient sur une page. Il ne raconte pas ta vie, il décrit une image.

Commence par la scène : qui est là, où, à quel moment. Une phrase suffit. « Mes parents devant la grille de la maison de Saint-Jean, un dimanche de septembre, vers 18 h. » Ajoute ce qui doit rester : la couleur du portail, la robe, le chien. Ce qui peut disparaître : la voiture garée derrière, le voisin.

Donne la lumière. Une illustration de souvenir se rate plus souvent sur la lumière que sur les visages. Précise si la scène est en plein soleil, à l'ombre d'un mur, au crépuscule. Si tu as une photo de référence, joins-la, même mauvaise. Une photo floue vaut mieux qu'un paragraphe.

Donne le format final. Une illustration pour un cadre 30 x 40 cm ne se construit pas comme une vignette pour un livre. Indique les dimensions en centimètres et la résolution souhaitée, en général 300 ppp pour une impression.

Donne le style par comparaison, pas par adjectif. « Comme une aquarelle », « comme un dessin au trait », cela ne veut rien dire. Envoie deux ou trois images que tu aimes, en précisant ce qui te plaît : le trait, les couleurs, le cadrage. Si tu cherches un rendu de peinture numérique, avec un travail sur la lumière et les surfaces, tu peux regarder comment la peinture numérique se construit par étapes, cela t'aidera à écrire ton brief.

Termine par la date de livraison et le nombre d'allers-retours inclus. Un illustrateur sérieux facture les retouches au-delà de deux ou trois séries de corrections. Écris-le avant de commencer.

Quels fichiers demander à une illustration numérique ?

Un souvenir de famille se garde trente ans. Le fichier livré doit pouvoir être rouvert dans dix ans, sur un autre logiciel, par quelqu'un d'autre.

Demande trois choses.

Le fichier de travail, avec les calques séparés. Sous Photoshop, c'est un PSD. Ailleurs, un format équivalent. Les calques permettent de corriger un détail plus tard, de changer un fond, d'isoler un personnage. Un JPEG aplati ne le permet pas.

Le fichier d'impression, en TIFF ou PDF, à 300 ppp, dans l'espace colorimétrique adapté à l'imprimeur. Demande du CMJN si c'est pour une imprimerie, du RVB si c'est pour un écran ou un tirage photo de laboratoire.

Le fichier de diffusion, en JPEG, pour envoyer à la famille par mail ou publier sur un réseau. Prévois une version légère, autour de 2 000 pixels de large.

Demande aussi la liste des polices utilisées si l'image contient du texte, et les éventuelles images de référence intégrées. Un illustrateur qui travaille proprement garde ses sources.

Vérifie les dimensions avant de payer. Ouvre le fichier, zoome à 100 %, regarde les bords. Une illustration livrée en 72 ppp ne s'imprime pas en 30 x 40 cm.

Quels droits prévoir avant de faire illustrer une photo ?

C'est le point que tout le monde oublie, et celui qui coûte le plus cher à rattraper.

D'abord, la photo de départ. Si tu envoies une photo de famille à un illustrateur, tu dois avoir le droit de le faire. Une photo prise par toi, pas de problème. Une photo prise par un photographe professionnel, il faut son accord, même pour un usage privé. Une photo trouvée sur internet, oublie.

Ensuite, les personnes représentées. Pour un usage privé, dans un cadre familial, une autorisation orale suffit en pratique. Pour une diffusion publique, une exposition, un livre, un site, il faut un accord écrit des personnes reconnaissables, et une autorisation parentale pour les mineurs. Le droit à l'image ne se transfère pas avec la commande.

Enfin, les droits sur l'illustration elle-même. Un illustrateur reste titulaire de ses droits sauf cession écrite. Le contrat doit préciser quatre choses : les supports autorisés (tirage papier, calendrier, livre, site web), la durée (usage privé illimité, ou cinq ans, ou dix ans), le territoire (France, Europe, monde), et l'exclusivité ou non.

Pour un souvenir de famille, la formule courante est une cession de droits pour usage privé et familial, sans limite de durée, sans exclusivité. Cela veut dire que l'illustrateur peut réutiliser son style ailleurs, mais pas revendre ton portrait de famille. C'est la limite à ne pas franchir.

Si l'illustration doit être reproduite sur des objets vendus, mugs, affiches, cartes, ce n'est plus du privé. Il faut une licence commerciale, et le prix change. Précise-le dès le brief, pas après la livraison.

Combien de temps et quel prix prévoir ?

Un illustrateur indépendant facture au jour, pas à l'image. Les tarifs varient fortement selon le pays et l'expérience. En France, compte à partir de 300 à 400 euros la journée pour un professionnel confirmé, et plutôt 150 à 250 euros pour un débutant sérieux. Pour un portrait de famille simple, une à deux journées suffisent. Pour une scène complète avec plusieurs personnages et un décor, trois à cinq journées.

Le délai suit le prix. Un portrait seul se livre en une à deux semaines. Une scène de groupe demande trois à six semaines, surtout si tu veux des allers-retours.

Demande toujours un devis écrit avec le détail : recherche, croquis, mise en couleur, retouches. Un devis global sans détail ne permet pas de discuter.

Comment se passe la validation ?

Une illustration se valide en trois temps. D'abord le croquis, en noir et blanc, qui fixe le cadrage et les positions. C'est le moment de tout changer, cela coûte peu. Ensuite la mise en couleur, qui fixe l'ambiance. C'est le moment de corriger la lumière. Enfin le rendu final, avec les détails.

Ne demande pas de tout modifier à la dernière étape. Un illustrateur qui reprend un visage après la mise en couleur repart souvent de zéro sur cette partie.

Garde une trace écrite de chaque validation, même par mail. En cas de désaccord, c'est ce qui compte.

Ce qu'il faut retenir

Écris une page de brief, joins une photo même mauvaise, donne le format en centimètres. Demande le PSD, le TIFF d'impression et un JPEG léger. Fais signer une cession de droits pour usage privé, sans limite de durée, et vérifie que les personnes sur la photo sont d'accord. Paie au jour, pas au visage. Et garde tous les fichiers, pas seulement le JPEG final.

Source : https://www.cnil.fr/

Le dessin côtoie parfois la collection : photographier les objets d'une collection montre les matières et la patine, comme une fiche d'inventaire.

Le portrait dessiné et le portrait photographié partagent une contrainte : photographier une couleur de cheveux demande une lumière stable et un fond simple.

Faire illustrer un souvenir de famille : brief et droits
Un bureau en bois près d'une fenêtre, un ordinateur portable ouvert sur un logiciel de dessin, une photo de famille posée à côté du clavier, lumière douce de fin d'après-midi, cadrage serré sur l'écran et la photo.