Le smartphone
Une application de numérisation redresse la perspective et efface les reflets. Le rendu est inférieur au scanner, mais dix fois plus rapide. C'est la bonne réponse pour deux mille tirages ordinaires qu'on veut simplement retrouver.
Guide pratique
Tirages papier, diapositives, négatifs, bobines Super 8, cassettes VHS : chaque support a sa résolution, son matériel et son piège. Voici l'ordre dans lequel s'y prendre, et le moment précis où confier le travail devient plus raisonnable que le faire soi-même.
Numérisez les tirages papier à 300 dpi pour archiver, à 600 dpi si vous voulez pouvoir agrandir. Montez à 3200 dpi pour les diapositives et les négatifs, seuls supports qui contiennent assez de détail pour le justifier. Faites vous-même le papier et les diapositives ; confiez les bobines Super 8 et les cassettes vidéo à un prestataire, sauf à posséder déjà le matériel de lecture.
Ce site est une publication : il n'assure aucune prestation de numérisation, de retouche ou d'impression, ne reçoit aucun document et ne prend aucune commande. Les pages ci-dessous expliquent comment faire, ou comment choisir un prestataire.
Étape 1
C'est l'étape que tout le monde saute et c'est celle qui fait gagner le plus de temps. Un carton de famille contient rarement plus d'un tiers d'images qui méritent d'être numérisées : le reste est flou, en double, ou représente un mur blanc dans une ville oubliée.
Étalez tout sur une grande table et faites trois piles : à numériser, à jeter, à décider plus tard. Ne réfléchissez pas plus de trois secondes par photo. La pile « plus tard » est faite pour absorber les hésitations, pas pour être vidée le jour même.
Retournez les tirages qui portent une inscription au dos : une date, un prénom, un lieu. Ces mentions valent souvent plus que l'image et disparaissent au moment du scan si personne n'y pense. Photographiez le verso ou notez l'information dans le nom du fichier.
Avant de poser un tirage sur la vitre, passez une poire soufflante. Chaque poussière retirée est une retouche évitée plus tard, et la retouche coûte infiniment plus cher en temps que le souffle.
Étape 2
La règle générale : plus l'original est petit, plus il faut scanner fin. Un négatif 24x36 tient dans un timbre-poste et doit pourtant donner un fichier imprimable en A3.
| Support | Résolution utile | Ce que ça permet | Format conseillé |
|---|---|---|---|
| Tirage papier standard | 300 dpi | Archiver et réimprimer au même format | JPEG qualité maximale |
| Tirage papier à conserver | 600 dpi | Recadrer, agrandir, restaurer plus tard | TIFF ou JPEG maximal |
| Diapositive 24x36 | 3200 dpi | Tirage jusqu'au A3 environ | TIFF |
| Négatif couleur 24x36 | 3200 dpi | Tirage grand format, correction des couleurs | TIFF |
| Moyen format 6x6 ou 6x9 | 1600 dpi | Très grands tirages | TIFF |
| Document ou coupure de presse | 300 dpi | Lecture et recherche de texte | PDF ou JPEG |
Beaucoup de scanners d'entrée de gamme annoncent des résolutions spectaculaires, parfois au-delà de 10 000 dpi. Ces chiffres sont calculés par logiciel, pas mesurés par le capteur. Cherchez toujours la résolution optique, la seule qui compte, et ignorez le reste.
Étape 3
Une application de numérisation redresse la perspective et efface les reflets. Le rendu est inférieur au scanner, mais dix fois plus rapide. C'est la bonne réponse pour deux mille tirages ordinaires qu'on veut simplement retrouver.
Le compromis classique pour le papier. Posez quatre tirages à la fois, scannez d'un bloc, découpez ensuite. Vérifiez la présence d'un couvercle transparent si vous voulez aussi traiter des diapositives.
Indispensable dès qu'on a plusieurs centaines de diapositives ou de négatifs. Il éclaire le film par transparence, ce qu'un scanner à plat classique ne sait pas bien faire, et gère la correction des poussières.
Un appareil photo sur une colonne, au-dessus d'une table lumineuse. C'est la méthode la plus rapide pour de très gros volumes de film, et celle qui demande le plus de rigueur dans le réglage.
Étape 4
Le Super 8, le VHS, le Hi8 et le MiniDV posent un problème que la photo ne pose pas : il faut d'abord pouvoir les lire. Les magnétoscopes ne se fabriquent plus, les projecteurs Super 8 se trouvent d'occasion sans garantie, et une courroie cassée immobilise tout.
S'y ajoute la dégradation du support. Une cassette magnétique perd son signal avec les décennies : des traînées blanches apparaissent, l'image se voile, le son se met à souffler. Contrairement à un tirage papier oublié dans une boîte, une cassette abandonnée se dégrade même sans être touchée. C'est le seul support de cette page pour lequel l'urgence est réelle.
Pour une poignée de bobines, un prestataire coûte moins cher que le matériel nécessaire. Demandez systématiquement le format de sortie livré, la définition, et si le fichier est fourni brut ou déjà stabilisé.
Ordre de priorité
Étape 5
Elles suffisent à séparer un atelier sérieux d'un intermédiaire qui sous-traite à l'étranger sans le dire.
Une réponse évasive sur la première question est le signal le plus fiable. Les originaux de famille ne se remplacent pas : leur trajet compte autant que la qualité du scan.
Étape 6
Une numérisation qui finit dans un dossier nommé « scan def final 2 » n'a pas vraiment sauvé grand-chose.
Adoptez une seule règle et tenez-la : année, mois si vous la connaissez, puis un mot qui situe la scène. Un fichier appelé 1974-08-vacances-bretagne-03 se retrouve dans trente ans, sur n'importe quel ordinateur, sans logiciel particulier. Les dates inconnues se notent avec l'année approximative suivie d'un point d'interrogation plutôt qu'inventées.
Un dossier par décennie, un sous-dossier par année. Les albums thématiques se font ensuite, dans le logiciel de votre choix, sans jamais déplacer les fichiers d'origine.
La règle la plus connue reste la meilleure : trois copies, sur deux supports différents, dont une hors du domicile. Un disque externe posé à côté de l'ordinateur ne protège ni du dégât des eaux, ni du cambriolage, ni de l'incendie.
Vérifiez une fois par an qu'une de ces copies s'ouvre encore. Un disque qui dort dix ans dans un tiroir ne prévient pas qu'il est mort.
Après la numérisation, imprimez une vingtaine d'images. Un tirage rangé dans une boîte ne dépend d'aucun compte, d'aucun mot de passe et d'aucun format de fichier. Nos repères sur le tirage sont là pour ça.
Questions fréquentes
300 dpi suffisent pour archiver un tirage et le réimprimer au même format. Passez à 600 dpi si vous voulez pouvoir agrandir ou recadrer un visage. Au-delà, sur du papier, vous numérisez la texture du support et non l'image.
Le TIFF conserve toute l'information et ne se dégrade pas à chaque enregistrement, mais occupe dix à vingt fois plus de place. Pour une archive familiale, le plus simple reste un JPEG de qualité maximale pour l'ensemble, et du TIFF réservé aux images fragiles ou destinées à une restauration.
Oui, et c'est même la bonne méthode pour un grand volume de tirages ordinaires. Une application dédiée redresse la perspective et supprime les reflets. Le résultat n'égale pas un scanner à plat, mais il arrive dix fois plus vite, ce qui compte quand il reste deux mille photos dans le carton.
Une bobine de quinze mètres représente environ trois minutes de film. Un transfert image par image de qualité se compte en dizaines de minutes de traitement par bobine, sans compter le nettoyage et le montage. C'est le format pour lequel faire appel à un prestataire se justifie le plus souvent.
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